Les règles douloureuses : que faut-il en savoir ?

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Chaque mois, les femmes sont soumises aux affres aux du cycle menstruel que l’on appelle communément les règles. Chez certaines femmes, elles passent inaperçues, tandis que chez d’autres elles occasionnent d’atroces douleurs.

Dans le deuxième cas, on parle de règles douloureuses ou encore de dysménorrhée. Ces termes désignent tous les troubles menstruels et les douleurs qui précèdent et accompagnent les règles. Les dysménorrhées font d’ailleurs partie des plaintes gynécologiques les plus fréquentes.

Si vous en êtes sujette, vous vous êtes certainement déjà demandée : « pourquoi moi ? ». Sachez que chaque organisme diffère. Je vous propose de découvrir dans ce guide, tout ce qu’il y a à savoir au sujet de ce mal.

Généralités au sujet des règles

Jeune femme, coucher lit, avec son ordinateur portable, et qui se touche le ventre

On ne peut parler des règles douloureuses sans faire un tour au préalable sur la notion de règles. Comme nous le savons, à partir de la puberté, le corps de la jeune fille subit plusieurs modifications sous l’influence des hormones. Dès lors, elle est capable de procréer, c’est-à-dire de donner naissance à un enfant. Mais le processus de reproduction chez la femme est régulé par ce qu’on appelle « un cycle menstruel ». Le cycle menstruel est composé de quatre phases distinctes et complémentaires à savoir :

  • la phase menstruelle,
  • la phase folliculaire,
  •  la phase d’ovulation
  • et la phase lutéale.

La phase menstruelle est caractérisée par un écoulement sanguin qui marque le début du cycle menstruel. En effet, chaque mois, l’utérus de la femme se prépare pour accueillir un futur embryon en fabriquant la muqueuse utérine. En l’absence de fécondation, l’utérus élimine cette muqueuse qui devient alors inutile : ce sont les règles.

Après les règles, le cycle reprend à nouveau jusqu’à ce qu’il finisse par avoir la fécondation, et là les règles sont absentes jusqu’à la naissance du bébé. L’évacuation de la muqueuse utérine s’accompagne de douleurs invalidantes chez certaines femmes. Comment cela s’explique-t-il ?

Les règles douloureuses encore appelées « dysménorrhée » se distinguent en deux catégories à savoir : les dysménorrhées primaires qui apparaissent au début des premières règles, dès l’adolescence. Elles sont généralement sans gravité ; Les dysménorrhées secondaires : elles surviennent plus tardivement au bout de plusieurs cycles normaux chez des femmes qui ne souffraient pas de douleurs menstruelles auparavant.

Les dysménorrhées regroupent l’ensemble des douleurs ressenties avant, pendant et même après les règles. Elles sont provoquées par une surproduction de prostaglandines (hormones qui provoquent les contractions utérines). C’est grâce à ces contractions utérines que la muqueuse utérine est expulsée de l’utérus. Chez certaines femmes, ces contractions sont plus intenses ce qui occasionne les diverses douleurs qu’elles ressentent.

Les causes des règles douloureuses

Femme couchée sur un canapé avec des règles douloureuses

La sécrétion excessive de prostaglandine est la principale cause des règles douloureuses. Mais cette normale n’est pas la seule responsable des dysménorrhées. En effet, les dysménorrhées trouvent aussi leur source dans les facteurs suivants :

Chez la jeune fille, il peut s’agir :

  • d’une anomalie congénitale due à un hymen non perforé, à une malformation du col de l’utérus ou de l’utérus lui-même ;
  • d’une endométriose de l’adolescence ;
  • de troubles hormonaux d’origine ovarienne comme une sécrétion insuffisante de progestérone

Chez la femme adulte, il peut s’agir : 

  • d’endométriose ;
  • de kystes ovariens ;
  • d’une infection génitale chronique ;
  • d’un fibrome utérin ;
  • de troubles ovariens ;
  • de polypes de l’utérus.

L’endométriose étant un mal courant, mais très souvent dépisté tardivement, il est important que je vous en parle. Elle correspond à la migration et au développement de la muqueuse utérine dans d’autres organes où elle ne devrait pas se trouver en temps normal. Elle peut s’étendre aux trompes de Fallope, aux ovaires, dans le vagin, dans la cavité abdominale ou dans la vessie. Le développement anormal de cette muqueuse dans ces organes provoque une irritation et une inflammation de ces derniers, car elle continue son développement normal sous l’action des hormones.

Au vu de ces diverses causes ci-dessus énumérées, il est préférable de consulter un gynécologue lorsque vous souffrez de dysménorrhées afin qu’un diagnostic exact de l’origine de vos douleurs soit établi. Par ailleurs, si vous constatez aussi certaines anomalies, rendez-vous tout de suite dans un cabinet médical.

Les Manifestations des dysménorrhées

Syndrome prémenstruel d’une femme tenant la tête dans la douleur ayant des maux de tête, des crampes d’estomac, de l’acné, des sautes d’humeur avec des symptômes écrits sur fond de tableau noir à la craie.

La manifestation la plus fréquente des dysménorrhées est le mal de ventre. Environ 75 % des femmes se plaignent de ce désagrément pendant leurs règles. Mais il ne s’agit pas seulement de maux de ventre pouvant irradier jusqu’aux reins. Vous pouvez aussi être sujettes aux manifestations suivantes :  

  • de violentes douleurs suivies d’élancements dans le bas du ventre qui surviennent un peu avant les règles et qui persistent durant quelques jours ;
  • de fortes douleurs irradiantes jusqu’au bas du dos, au rectum et à l’intérieur des cuisses ;
  • une fatigue intense accompagnée d’une sensation de faiblesse ;
  • des maux de tête suivis de malaise général ;
  • une sensation de ballonnement ;
  • une constipation ou des diarrhées ;
  • des nausées et des vomissements.

Ces différentes manifestations peuvent être précédées du syndrome prémenstruel qui survient quelques jours (2 à 7 jours environ) avant l’arrivée des règles. Le syndrome prémenstruel se manifeste par :

  • la rétention d’eau ;
  • les humeurs changeantes ;
  • l’apparition des acnés ;
  • la poitrine qui devient douloureuse ou sensible ;
  • les crampes, etc.

Par ailleurs, il est important de savoir que les prostaglandines agissent sur d’autres muscles que ceux de l’utérus. Ce qui explique donc les différents malaises qui accompagnent les dysménorrhées.

Les solutions pour venir à bout des règles douloureuses  

Les solutions pour venir à bout des règles douloureuses sont nombreuses. Vous pouvez recourir aux méthodes médicamenteuses, naturelles ou simplement faire attention à votre alimentation. Vous avez l’embarras du choix. Toutefois, avant de recourir à une quelconque méthode, demandez conseil à un spécialiste, notamment votre gynécologue. Je vous propose ci-dessous quelques solutions qui peuvent vous aider à atténuer les douleurs menstruelles.

Les médicaments contre les règles douloureuses

Deux pilules et coussin de menstruation avec coeur rouge dessus

Pour celles qui préfèrent recourir aux médicaments, la solution la plus efficace pour atténuer les dysménorrhées est la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens. Mais pour ressentir les effets de ces médicaments au plus tôt, n’attendez pas que la douleur soit insupportable avant de les prendre.

Pour celles qui ont la chance d’avoir un cycle régulier, l’idéal serait de prendre vos antalgiques dès que vous ressentez les premiers symptômes. Mieux encore, il est recommandé d’anticiper en les prenant le soir au coucher deux à trois jours avant l’arrivée des menstrues. Voici une liste d’antidouleurs très efficaces :

  • Antadys

Ce médicament se présente sous la forme de comprimés et il n’est délivré que sur prescription médicale. Il contient de l’ibuprofène et permet de lutter contre l’inflammation et la douleur dues aux prostaglandines. Il fait aussi baisser la fièvre et fluidifie le sang.

  • Ibuprofène 

L’ibuprofène est un anti-inflammatoire qui lutte contre la douleur et l’inflammation. Il limite spécifiquement l’action des prostaglandines.

  • Spasfon 

C’est un antispasmodique qui lutte contre les contractions anormalement douloureuses de l’utérus. Vous pouvez associer sa prise ou non avec du paracétamol.

  • La pilule contraceptive

C’est un moyen efficace pour en finir avec les douleurs, mais elle n’en demeure pas moins un contraceptif. Dans la plupart des cas, elle supprime même les douleurs et les saignements sont moins abondants. Avant d’y recourir, consultez d’abord votre gynécologue. 

Enfin, vous avez aussi le paracétamol qui permet de réduire les douleurs. 

Pour ces médicaments, il est indispensable de lire attentivement la notice avant de les prendre. En cas de doute, consultez votre gynécologue. Lui seul peut vous les prescrire tout en vous conseillant la meilleure posologie.

Sachez qu’il faut éviter de prendre l’aspirine, car elle induit des règles plus abondantes et plus longues.

Les astuces naturelles pour soulager les règles douloureuses

Jeune femme assise sur un lit tenant une bouillotte contre son ventre

Pour soulager les règles douloureuses, il existe aussi des solutions naturelles tout aussi efficaces que les médicaments. L’avantage ici, c’est qu’il n’y a aucun risque d’effets secondaires et ces astuces peuvent s’appliquer à toutes les femmes. Vous pouvez donc :

  • Utiliser la chaleur 

Elle est relaxante et a un effet vasodilatateur et anti-inflammatoire qui vous soulage efficacement. Trois possibilités s’offrent à vous ici. La première option est de faire couler un bain chaud sur votre ventre et le bas de votre dos pour détendre vos muscles.

La seconde option, qui est bien plus pratique, est d’appliquer une bouillotte d’eau chaude sur votre ventre, ce qui va vous aider à soulager vos douleurs. La dernière option est la prise d’une boisson chaude (sans sucre) telle qu’un thé. L’eau chaude bue vous apaisera directement de l’intérieur.

  • Faire de l’exercice 

Quand on a mal, il est vrai que faire de l’exercice est la dernière chose dont on a envie. Pourtant, une activité physique de légère intensité permet d’atténuer les contractions utérines. Vous n’êtes donc pas obligé de faire du sport à haute dose.

Pour atténuer vos douleurs, vous pouvez simplement faire quelques étirements, du vélo ou de la marche. De plus, la pratique régulière du sport favorise l’oxygénation du corps et apaise les crampes abdominales des règles. 

  • Vous détendre

Certaines études ont montré que le stress augmentait l’intensité des douleurs. En effet, quand vous êtes stressée, votre organisme sécrète de l’adrénaline et du cortisol qui sont des hormones intimement liées à la production de prostaglandines. Alors, essayez de vous détendre le plus possible et de vous éloigner du stress.

Pour y arriver, vous pouvez pratiquer le yoga qui contribue à chasser les tensions et les douleurs du bas ventre ou du dos. Vous pouvez aussi faire de la méditation ou pratiquer des exercices de respiration. Savourer aussi l’air frais est un excellent moyen de détente qui occupe votre esprit avec autre chose que vos douleurs.

  • Adopter des positions qui soulagent votre abdomen

La meilleure position à prendre pour soulager vos maux de ventre est de dormir en position fœtale. Non seulement cette position vous soulage, mais elle vous permet aussi de réduire le risque de fuite de sang pendant votre sommeil.

Quand vous vous couchez, positionnez-vous sur le côté, les jambes repliées en direction de votre poitrine pour permettre aux muscles de votre abdomen de se relâcher.  

  • Vous masturber

Une étude récente a prouvé que la masturbation permet de réduire la douleur des règles. C’est incroyable, mais bien vrai. En effet, quand vous vous masturbez, votre corps sécrète l’hormone du plaisir : la dopamine. Cette hormone produite en grande quantité dans le corps inhibe l’action des prostaglandines responsables de vos douleurs pelviennes.

  • Vous offrir une séance de massage 

Certaines huiles essentielles ont des propriétés apaisantes et relaxantes. Les utiliser lors d’un massage en ciblant les zones douloureuses (le bas ventre et le dos) régule votre métabolisme et votre état émotionnel. Vous pouvez vous masser vous-même ou solliciter les services d’un spécialiste.

Par ailleurs, certaines de ces huiles sont consommables, vous pouvez donc les faire fondre sous votre langue. Mais avant toute utilisation, prenez toujours soin de demander conseil à un spécialiste. 

En ce qui concerne les pratiques non conventionnelles comme l’homéopathie, l’acupuncture, l’ostéopathie et les plantes chinoises, faites très attention. L’efficacité de ces méthodes n’a pas encore été démontrée entièrement. Alors, optez pour la prudence avec ces pratiques. 

L’alimentation pendant les règles douloureuses

Aliments à manger pendant les saignements menstruels

L’alimentation joue aussi un rôle important en cas de règles douloureuses. Pendant vos règles, adoptez une alimentation équilibrée riche en vitamines, magnésium et en oméga 3. Ces éléments se retrouvent bien évidemment dans les fruits, les légumes, les protéines et les céréales complètes.

Comme aliments riches en magnésium, nous avons les noix, les lentilles, les bananes, l’amande pour ne citer que ceux-là. Ces aliments sont reconnus pour leurs effets antistress qui atténuent les contractions utérines.

Pour les aliments riches en oméga 3, nous avons les sardines, le maquereau, le hareng, le saumon, etc. Une étude a même prouvé que les femmes qui consomment les aliments riches en oméga 3 et en acides gras souffrent beaucoup moins des douleurs menstruelles.

Mais n’attendez pas d’avoir vos règles pour avoir une alimentation saine. Même en dehors des règles, conservez l’habitude de manger sainement. De plus, n’oubliez pas de toujours bien vous hydrater au cours de chaque journée. Essayez aussi de grignoter les graines de tournesol, de lin ou de sésame. Ces graines sont riches en phyto œstrogène (hormone végétale) nécessaire à la compensation de la chute des hormones féminines : les œstrogènes et la progestérone. 

Quelques aliments à éviter au cours de cette période

Aliments à éviter pendant les règles douloureuses

Quand on souffre de règles douloureuses, il y a certaines habitudes alimentaires qu’il faut délaisser, car elles amplifient les douleurs menstruelles. Vous devez donc éviter de manger les aliments trop sucrés comme les biscuits et les sucreries. Le sucre raffiné contenu dans ces aliments stimule la production d’insuline qui à son tour stimule la production de prostaglandines.

Je vous recommande de limiter votre consommation de café, car la caféine est un excitant qui induit un état de stress. Pendant vos règles, évitez de consommer les produits laitiers comme le lait, le fromage et autres dérivés. Les produits laitiers entraînent la production abondante de prostaglandines dans le corps ce qui favorise les contractions utérines conduisant aux crampes.

Évitez de manger les aliments trop gras ou les aliments riches en graisses végétales, car ils sont source de gras transformé à l’origine de la sécrétion des prostaglandines pros inflammatoires. Réduisez votre consommation de viandes rouges, car elles sont aussi à l’origine de la surproduction de prostaglandines.

Évitez de consommer de l’alcool, du tabac ou toute autre drogue pendant vos règles. Ces éléments sont aussi des excitants qui entraînent un état de stress et cela conduit irrémédiablement à la sécrétion excessive des prostaglandines.

Nous avons fait le tour du sujet et vous savez désormais quoi faire pour ne pas vous laisser submerger par vos règles douloureuses. Je vous rappelle que chaque femme est unique, mais que vous pouvez avec quelques astuces rendre ce moment un tout petit peu accommodant.

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