Comment gérer l’après-grossesse ?

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Après la grossesse, la jeune mère passe par une période post-partum qui s’étend du moment de l’accouchement jusqu’aux six premières semaines de vie de son bébé. Cette période est assez particulière à vivre pour la femme ainsi que pour le couple. Non seulement il faut récupérer de l’accouchement, gérer la chute brusque des hormones, mais aussi faire connaissance avec son bébé et réadapter tout son mode de vie.

Tous ces nouveaux changements peuvent être assez rudes à gérer pour les jeunes mères qui peuvent facilement sombrer dans la dépression. Alors, pour vous aider à mieux appréhender cette étape, je vous propose dans cet article quelques conseils pour gérer l’après-grossesse.

Apprendre à gérer les retours de couches

femme avec son enfant et son bébé

Après l’accouchement, vous serez sujettes à deux types de pertes à savoir : les petits retours de couches et les grands retours de couches.

Les petits retours de couches, encore appelés lochies, prennent différents aspects. Ils correspondent à l’évacuation de tous les résidus de la grossesse (sang, débris de muqueuse utérine et liquide lymphatique) générés par la cicatrisation de l’endomètre. Dans un premier temps, vous allez connaître des pertes de sang pendant 2 à 3 jours puis les écoulements seront juste teintés de sang pendant 8 jours. Au 12e jour, les écoulements deviendront très clairs puis cesseront de couler avant de reprendre de plus belle au 14e jour et cela pendant 48 heures.

Il est recommandé de choisir des garnitures sans matière plastifiées, de préférence bio et de les changer régulièrement. Une douche quotidienne avec un savon au PH neutre est largement suffisante pour votre intimité. Si cet écoulement a une odeur fétide ou une coloration anormale, signalez-le à votre médecin. Si vous avez subi une épisiotomie, continuez vos soins vulvaires et surveillez la cicatrisation de votre périnée.

Les grands retours de couches signalent le véritable retour des premières règles. Ils se produisent 5 à 6 semaines environ après l’accouchement. Les écoulements ici sont très abondants et s’étendent sur une semaine ce qui peut entraîner une grande fatigue. Les rapports sexuels pendant le premier mois de l’accouchement sont fortement déconseillés afin de permettre au périnée de se cicatriser surtout s’il y a eu une épisiotomie. Par ailleurs, l’allaitement ne représente pas un moyen de contraception. Il diminue certes la fécondité et retarde le retour de couche, mais il ne met pas fin au cycle menstruel qui reprend juste après l’accouchement. Alors, si vous ne voulez pas risquer de contracter une nouvelle grossesse tout de suite, il est nécessaire de prévoir un moyen de contraception adapté à votre état avec l’aide de votre gynécologue. 

Traiter les maux des suites de couches

famille heureuse avec bébé garçon jouant à la maison

Avoir un bébé est quelque chose de merveilleux. Mais après lui avoir donné naissance, vous pouvez être sujette à des maux assez désagréables et parfois même douloureux en dehors des douleurs qu’avait déjà occasionnées l’accouchement sur votre corps qui se retrouve tout endolori. Ces maux sont principalement au nombre de 4 à savoir : l’épisiotomie, les hémorroïdes, la constipation et une forte transpiration.

L’épisiotomie est l’ensemble des cicatrices engendrées au niveau de votre périnée sous l’action des poussées de l’accouchement et le passage du bébé. Je peux dire que ce sont des déchirures de tailles variables qui se situent au niveau des lèvres de votre vulve. Pour limiter les douleurs, vous pouvez prendre du paracétamol. Vous pouvez appliquer un cataplasme d’argile blanche sur la zone afin de favoriser la cicatrisation de la plaie. Le cataplasme est à renouveler deux à trois fois par jour. Vous pouvez aussi recourir à un mélange d’eau et de teinture de calendula à chacune de vos toilettes. Ce mélange aussi est très favorable à la cicatrisation.

Les hémorroïdes sont dues aux poussées au cours de l’accouchement, aux variations hormonales, à la constipation et à un accouchement dystocique. Elles touchent environ 20 % des femmes. Afin d’écarter une fissure anale ou d’autres complications en suites de couches, il est recommandé de discuter avec sa sage-femme qui procédera à une auscultation de la zone. Si les douleurs sont trop fortes, cette dernière peut vous prescrire des antalgiques spécifiquement le paracétamol et des anti-inflammatoires non stéroïdiens ou des corticoïdes pour une courte période.

Les facteurs qui favorisent la constipation sont les variations hormonales, la peur d’aller à la selle en cas d’épisiotomie ou de césarienne, les éventuelles douleurs hémorroïdaires et l’effet secondaire de la péridurale si vous en avez eu. Vous devez également lutter contre la constipation en prenant des aliments riches en fibres et en buvant beaucoup d’eau. Évitez également toute source de stress. Dans d’éventuelles circonstances, on peut vous prescrire un laxatif doux, mais vous devez surmonter votre peur d’aller à la selle, car plus vous retardez l’échéance, plus les selles s’accumulent dans votre rectum, ce qui entraîne une charge supplémentaire dans votre périnée.

Après l’accouchement, il est normal d’éliminer toute l’eau accumulée au cours de la transpiration à travers une forte transpiration et des envies fréquentes d’uriner. Afin de limiter l’inconfort que procurent les vêtements humides, vous pouvez privilégier le port des tenues légères en coton. Vous pouvez aussi placer des serviettes éponges sur votre matelas pour le garder au sec. N’oubliez pas de vous hydrater aussi pour compenser toute l’eau que vous perdez.

Faire une rééducation périnatale

L’accouchement est une épreuve assez lourde pour votre périnée. Alors, avant de récupérer votre vitalité et votre silhouette d’antan, vous devez passer par une remise en forme progressive. Cette remise en forme passe par la consolidation de votre périnée avant la reprise de toute activité gymnique ou sportive. Pour ce faire, vous devez nécessairement reprendre les exercices de contraception du périnée dès l’accouchement même en cas d’épisiotomie. Vous pouvez demander conseil à votre obstétricien, votre gynécologue ou votre sage-femme pour vous recommander des séances de rééducation périnéale deux mois après l’accouchement. Vous pouvez également solliciter les services d’une kinésithérapeute pour des séances de rééducation abdominales pelviennes après un avis médical favorable.

Se reposer au maximum

Un jeune homme noir aide sa femme 

Tous les facteurs prés cités concourent à instaurer un climat de fatigue intense chez la femme. Pour limiter au maximum cette fatigue, vous devez veiller à bien vous reposer et à faire autant de siestes que possible. Tant que vous êtes encore à la maternité, profitez du séjour pour vous reposer. Vous pouvez charger votre compagnon de demander à l’entourage d’espacer les visites pour vous permettre de vous reposer.

De retour à la maison, vos moments de repos sont conditionnés par votre bébé. Dès qu’il s’endort, profitez-en pour vous reposer également. Même si vous n’arrivez pas à vous endormir réellement, ce temps de repos aura au moins le mérite de vous relaxer un peu avant le réveil du bébé. Si besoin, n’hésitez pas à vous faire aider par des amis ou une aide-ménagère. Car toutes les tâches paraissent plus ardues lorsque l’on est fatigué et le moral en pâtit rapidement. Cela génère même des tensions au sein du couple.

Par ailleurs, lorsque vous ne dormez pas, restez un maximum de temps couchée ou assise à proximité de votre bébé durant les trois premières semaines pour construire un lien avec lui. Cela permet aussi de pouponner tranquillement et de profiter des moments calmes. Ce repos est aussi nécessaire au bon démarrage de l’allaitement maternel.

Vaincre le baby blues

Le baby blues est un petit épisode de déprime que connaît la jeune mère trois jours après la naissance de son bébé. C’est un phénomène assez fréquent qui se manifeste par une sensibilité à fleur de peau, des émotions en montagnes russes et une grande angoisse face à cette nouvelle responsabilité que représente le bébé.

Si vous êtes en proie à toutes ces émotions, n’hésitez pas à en parler avec votre sage-femme qui saura vous rassurer sur vos compétences de mère. Si votre mal-être perdure au-delà de deux semaines ou récidive après quelques semaines, c’est que vous faites face à une dépression post-partum. Ce cas de figure nécessite une prise en charge spécifique afin d’éviter que l’établissement du lien entre vous et votre enfant ne soit entravé. 

Prendre soin de soi 

Afin d’offrir le meilleur de vous-même à votre bébé, vous devez être en pleine forme. Cela nécessite donc des moments rien qu’à vous qui vous permettent de vous ressourcer et de vous relaxer. Ménagez votre emploi du temps avec l’aide de votre partenaire qui a droit à des congés paternité aussi qui durent 11 jours en temps normal et 18 jours en cas de jumeaux. Comme ça, quand le bébé ne dort pas, vous pouvez le confier à son père et profiter pleinement d’une journée entre copines pour faire des activités qui vous font plaisir. Soyez bienveillante envers vous-même. 

Se fixer des objectifs simples au quotidien

L’organisation de vos journées se déroule en fonction du rythme de votre bébé alors limitez-vous aux tâches les plus importantes et indispensables. Si vous en avez la possibilité, vous pourrez ajouter une ou deux tâches supplémentaires par jour et recevoir même de la visite. Le but de votre journée doit être votre bien être, celui de votre enfant ainsi que celui de votre conjoint. Les tâches secondaires peuvent donc attendre ou vous pouvez les déléguer en demandant l’aide d’une ménagère. Vous devez apprendre à lâcher prise et accepter que les choses ne se déroulent pas toujours comme prévues.

 Ne cherchez pas à atteindre la perfection dans la gestion de votre quotidien surtout avec un nouveau-né. Évitez aussi de culpabiliser si vous n’arrivez pas à gérer comme vous vous le pensiez ou comme vous l’avez vu faire chez d’autres. Chacun à son propre rythme d’adaptation. Vous devez juste trouver l’équilibre qui vous correspond à vous.

Organiser les espaces nuit du bébé

Sachez déjà que vous serez amenée à être réveillée plusieurs fois par nuit par votre bébé. Pour vous faciliter la tâche, il serait donc intéressant de prévoir une petite lumière tamisée dans la chambre du bébé afin de vous permettre de voir dans le noir sans trop perdre le fil de votre sommeil. Gardez aussi à disposition le nécessaire pour le changer et le nourrir pour ne pas avoir à trop vous tracasser. De plus, cette astuce permettra à votre bébé de distinguer le rythme de la journée de celui de la nuit au fur et à mesure que les semaines passeront.

Organiser la salle de bain et l’adapter pour le bébé

En ce qui concerne les bains de votre enfant, ne vous encombrez pas avec les baignoires trop volumineuses et bourrées d’accessoires. Privilégiez avant tout le confort et la sécurité surtout s’il s’avère que vous vous retrouvez souvent seule pour lui donner son bain.

Vous devez pouvoir tenir votre enfant dans un bras pendant que l’autre est occupé à gérer les autres tâches telles que faire couler l’eau, vérifier sa température pour qu’elle soit adéquate pour le bébé, gérer l’ouverture du gel douche. Prévoyez aussi un maximum de matériel dans la salle de bain histoire de les avoir à portée de main et éviter ainsi de courir dans tous les sens avec un bébé sous les bras.    

Rester soudé dans votre couple

 heureuse mère, père et petit garçon jouant des blocs de jouets à la maison

Avec votre partenaire, vous devez former une équipe de choc, car un bébé c’est beaucoup de travail et d’attention. Soyez synchronisés dans l’accomplissement des tâches et veillez à les répartir au mieux pour que la charge de travail soit équitable des deux côtés. Accordez-vous aussi de petits moments pour contempler ce petit être que vous avez conçu ensemble. 

Les premiers mois seront assez rudes et l’esprit d’équipe risque de l’emporter sur les élans amoureux les premières semaines. Néanmoins, essayez de conserver vos habitudes de couple comme manger ensemble, garder le contact physique lors des bisous et des câlins et ne négligez pas non plus les petites attentions envers votre partenaire.

En dessus de tout, maintenez le canal de la communication. La communication est le socle d’un couple uni. Communiquez encore et toujours au sujet de vos ressentis, de vos difficultés, du bébé, de la reprise de votre sexualité et de tous ces sujets qui vous taraudent. Il n’y a que comme ça que la compréhension puisse régner dans votre couple.

Enfin, gardez à l’esprit que la fatigue et les différences de rythme de vie sont à l’origine des tensions et des frictions dans votre couple. Votre partenaire qui travaille a aussi son lot de difficultés au quotidien, son stress et sa fatigue. Soyez donc tolérant l’un envers l’autre et soyez aussi patients. Après cette effervescence, votre quotidien redeviendra plus ou moins normal et vous pourrez enfin vous retrouver.

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